Samedi j'ai beaucoup pensé à mon père.
J'ai quelques décisions importantes à prendre et toujours dans ces cas là je me demande ce qu'il m'aurait conseillé.
Fille et père c'est un rapport privilégié. Nous en étions conscients.
C'est difficile de vivre sans lui. Et plus je grandis, plus il me manque...
Je pense qu'il m'a pardonné mes seize ans et mon enchaînement à la centrale nucléaire en guise de protestation. Je me voyais à la tête des teenagers greenpeace. Engagée.
Mon père m'aurait bien vu ingénieur ou médecin.
Les métiers un peu hors norme, créatifs, très peu pour lui. Il a du abdiquer.
Il m'a laissé vivre comme je l'entendais.
Suis partie à 19 ans pour Paris. Dans le rétro, en partant de la rue St Maur, je le revois encore verser sa petite larme.
Je n'oublierai pas non plus ses yeux noirs fâchés pour mes conneries. Ado légèrement rebelle. Mature et envie de liberté.
Ni ses yeux fiers. Quelques fois.
Dès fois quand je repense à tous ses souvenirs, je me dis que j'étais plus courageuse avant... j'avais moins peur... ou j'étais bien conseillée...
Jadis
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